1904

Montreux

Premier bateau Belle Époque revaporisé, doyen de la flotte avec la machine la plus moderne !
Longueur
68.3 mètres
Puissance
900 kW
Capacité
560 personnes
Propulsion
Machine à vapeur
Son histoire

Une vie centenaire sur le Léman

« Montreux » Le doyen vaporisé du Léman

Véritable pionnier de la flotte Belle Époque, Le « Montreux » voit le jour le 12 mai 1904 aux ateliers Sulzer Frères de Winterthour. Décoré selon les préceptes de l’Art Nouveau, le narcisse orne ses boiseries en acajou, œuvre de Joseph Mittey, professeur à l’École des arts industriels de Genève. Après avoir navigué avec sa machine à vapeur d’origine, il est motorisé au diesel-électrique entre 1959 et 1961. En 1998, la CGN lance un projet audacieux : revaporiser le « Montreux ». Entre 1998 et 2001, il devient le premier et unique bateau Belle Époque à retrouver la vapeur, doté d’une machine moderne télécommandée depuis la passerelle — une première mondiale. Lors de cette restauration, il hérite des boiseries Louis Philippe du salon du Valais. Ce doyen centenaire allie l’ancienneté de sa coque à la modernité de sa propulsion.

Ces Détails Iconiques qui Font La Légende

La machine à vapeur du XXIe siècle

Une première mondiale télécommandée

Paradoxe fascinant : le « Montreux », doyen de la flotte, abrite la machine à vapeur la plus récente de la CGN. Conçue entre 1998 et 2001 par DLM AG de Winterthour selon les dimensions de celle de l’Helvétie, cette mécanique moderne développe 660 kW (900 chevaux-vapeur). Première mondiale, elle est entièrement télécommandée depuis la passerelle, permettant au capitaine de commander directement la propulsion. Cette renaissance marque la première propulsion à vapeur réalisée en Suisse depuis 1929, incarnant le mariage réussi entre patrimoine et innovation technologique.

Les boiseries du Valais et les décors Art nouveau d’origine du salon

Un écrin Belle Époque

Le salon de 1ère classe du « Montreux » abrite un trésor empreint d’histoire, où cohabitent les somptueuses boiseries Louis Philippe héritées du bateau Valais et les décors Art nouveau d’origine au narcisse : lors de la restauration de 1998–2001, alors que le Valais (1913–2003) ne put être sauvé, ses plus beaux ornements furent transplantés à bord du « Montreux », offrant une seconde vie à ce patrimoine précieux et perpétuant la mémoire d’un navire disparu. Les boiseries en acajou, délicatement ornées de narcisses — fleur emblématique de « Montreux » — sont l’œuvre de Joseph Mittey, professeur à l’École des arts industriels de Genève, et sont sublimées par des vitraux réalisés à Lausanne selon les préceptes de l’Art nouveau. Plus d’un siècle après leur création, ces décors raffinés témoignent de l’élégance d’une époque où le voyage sur le Léman se voulait autant une expérience visuelle qu’un art de vivre.

La cloche

Une destinée insolite

Il aura fallu attendre plus de 70 ans pour qu’en 2017, la cloche en bronze d’origine du « Montreux » retrouve sa place à la proue du vénérable bateau à vapeur. Cette cloche a connu une destinée pour le moins insolite. Déposée puis stockée au chantier naval de la CGN dans les années 1940, elle a été cédée à vil prix, avec deux autres, à un ferrailleur qui les a revendues. Alors que ces compagnes d’infortune ont toutes deux disparu, la cloche du « Montreux » a miraculeusement ressurgi grâce à André Fatzer, collectionneur passionné de St-Sulpice. Dans les années 60, il a économisé des mois durant pour s’offrir ce morceau de patrimoine qui n’intéressait personne. À son décès en 2014, elle est léguée au Musée du Léman de Nyon qui a accepté qu’elle reprenne naturellement sa place d’origine.

Ces Détails Iconiques qui Font La Légende

La machine à vapeur du XXIe siècle

Une première mondiale télécommandée

Paradoxe fascinant : le « Montreux », doyen de la flotte, abrite la machine à vapeur la plus récente de la CGN. Conçue entre 1998 et 2001 par DLM AG de Winterthour selon les dimensions de celle de l’Helvétie, cette mécanique moderne développe 660 kW (900 chevaux-vapeur). Première mondiale, elle est entièrement télécommandée depuis la passerelle, permettant au capitaine de commander directement la propulsion. Cette renaissance marque la première propulsion à vapeur réalisée en Suisse depuis 1929, incarnant le mariage réussi entre patrimoine et innovation technologique.

Les boiseries du Valais et les décors Art nouveau d’origine du salon

Un écrin Belle Époque

Le salon de 1ère classe du « Montreux » abrite un trésor empreint d’histoire, où cohabitent les somptueuses boiseries Louis Philippe héritées du bateau Valais et les décors Art nouveau d’origine au narcisse : lors de la restauration de 1998–2001, alors que le Valais (1913–2003) ne put être sauvé, ses plus beaux ornements furent transplantés à bord du « Montreux », offrant une seconde vie à ce patrimoine précieux et perpétuant la mémoire d’un navire disparu. Les boiseries en acajou, délicatement ornées de narcisses — fleur emblématique de « Montreux » — sont l’œuvre de Joseph Mittey, professeur à l’École des arts industriels de Genève, et sont sublimées par des vitraux réalisés à Lausanne selon les préceptes de l’Art nouveau. Plus d’un siècle après leur création, ces décors raffinés témoignent de l’élégance d’une époque où le voyage sur le Léman se voulait autant une expérience visuelle qu’un art de vivre.

La cloche

Une destinée insolite

Il aura fallu attendre plus de 70 ans pour qu’en 2017, la cloche en bronze d’origine du « Montreux » retrouve sa place à la proue du vénérable bateau à vapeur. Cette cloche a connu une destinée pour le moins insolite. Déposée puis stockée au chantier naval de la CGN dans les années 1940, elle a été cédée à vil prix, avec deux autres, à un ferrailleur qui les a revendues. Alors que ces compagnes d’infortune ont toutes deux disparu, la cloche du « Montreux » a miraculeusement ressurgi grâce à André Fatzer, collectionneur passionné de St-Sulpice. Dans les années 60, il a économisé des mois durant pour s’offrir ce morceau de patrimoine qui n’intéressait personne. À son décès en 2014, elle est léguée au Musée du Léman de Nyon qui a accepté qu’elle reprenne naturellement sa place d’origine.

La renaissance d’un patrimoine

La revaporisation historique

Les huit bateaux de la flotte Belle Époque de la CGN ont une valeur patrimoniale et touristique unique au monde. La restauration de chacun d’entre eux nécessite un savoir-faire unique tant au niveau technique que patrimonial. Cela implique un coût se situant entre 20 et 30 millions de francs suisses par bateau pour une rénovation complète.

Entre 1998 et 2001, le bateau « Montreux » a bénéficié d’une restauration complète marquant un tournant dans l’histoire de la flotte : sa revaporisation. À l’occasion du 125e anniversaire de la CGN en 1998, un projet sans précédent est lancé. Pour financer cette aventure audacieuse, la compagnie émet 20’000 actions à 100 francs. Plus de mille actionnaires souscrivent pour 1000 francs afin de recevoir une série complète de huit actions ornées d’aquarelles des bateaux Belle Époque, signées Ueli Colombi.

Le « Montreux » devient ainsi le symbole d’un élan collectif en faveur du patrimoine lémanique. Représentant un investissement de 10 millions de francs, cette restauration fait appel à Dampfmaschinen- und Lokomotivfabrik DLM AG de Winterthour pour construire la nouvelle machine à vapeur, réalisée selon les dimensions de celle de l’Helvétie.

Les étapes principales du projet ont été les suivantes : démontage complet de la motorisation diesel-électrique installée en 1959-1961, restauration minutieuse de la coque et des superstructures, reconstruction de la timonerie arrondie et de la grande cheminée pour retrouver la silhouette de 1904, installation de la nouvelle propulsion et enfin mise à l’eau en décembre 2000. Un moment émouvant marque la restauration : l’intégration des boiseries Louis Philippe du Valais, navire qui ne put être sauvé. Le 19 mai 2001, le « Montreux » effectue son retour triomphal, premier et unique bateau Belle Époque revaporisé.

Renaissance technique et patrimoine

La restauration magistrale menée entre 1998 et 2001 marque un tournant historique pour le « Montreux ». Premier et unique bateau Belle Époque à retrouver la vapeur après des décennies de motorisation diesel, il bénéficie d’innovations techniques remarquables : une machine à vapeur moderne télécommandée depuis la passerelle — une première mondiale —, une chaudière automatisée à mazout, ainsi que la restitution de sa silhouette originelle avec sa grande cheminée et sa timonerie arrondie. Cette revaporisation audacieuse, représentant un investissement de 10 millions de francs, démontre qu’il est possible de conjuguer préservation patrimoniale et excellence technique pour assurer la pérennité d’un monument historique flottant.