Les huit bateaux de la flotte Belle Époque de la CGN ont une valeur patrimoniale et touristique unique au monde. La restauration de chacun d’entre eux nécessite un savoir-faire unique tant au niveau technique que patrimonial. Cela implique un coût se situant entre 20 et 30 millions de francs suisses par bateau pour une rénovation complète.
Entre 1998 et 2001, le bateau « Montreux » a bénéficié d’une restauration complète marquant un tournant dans l’histoire de la flotte : sa revaporisation. À l’occasion du 125e anniversaire de la CGN en 1998, un projet sans précédent est lancé. Pour financer cette aventure audacieuse, la compagnie émet 20’000 actions à 100 francs. Plus de mille actionnaires souscrivent pour 1000 francs afin de recevoir une série complète de huit actions ornées d’aquarelles des bateaux Belle Époque, signées Ueli Colombi.
Le « Montreux » devient ainsi le symbole d’un élan collectif en faveur du patrimoine lémanique. Représentant un investissement de 10 millions de francs, cette restauration fait appel à Dampfmaschinen- und Lokomotivfabrik DLM AG de Winterthour pour construire la nouvelle machine à vapeur, réalisée selon les dimensions de celle de l’Helvétie.
Les étapes principales du projet ont été les suivantes : démontage complet de la motorisation diesel-électrique installée en 1959-1961, restauration minutieuse de la coque et des superstructures, reconstruction de la timonerie arrondie et de la grande cheminée pour retrouver la silhouette de 1904, installation de la nouvelle propulsion et enfin mise à l’eau en décembre 2000. Un moment émouvant marque la restauration : l’intégration des boiseries Louis Philippe du Valais, navire qui ne put être sauvé. Le 19 mai 2001, le « Montreux » effectue son retour triomphal, premier et unique bateau Belle Époque revaporisé.